Mark Pinkus / Le Lac Noir
Mark Pinkus-Le Lac Noir
08:30

Mark Pinkus - Le Lac Noir

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Mark Pinkus Le Lac Noir
Descripción y letras
8ème morceau de l'album "4 rue Bergonier"

Merci à Théo de Boissezon (guitare), Thibault Loisel (basse) et Simon Godard (saxophone)



Un soir de plus sous la houle du temps qui ne passe pas
Je suis là, planté seul, attendant... Quoi déjà ?
Il est tard mais si tôt, il me tarde d'aussitôt me rappeler
Pourquoi diable suis-je en train de fumer ma énième clope de la soirée ?

Quand j'entends un sifflement familier
La tonalité de la théière annonçant mon thé
Me semble tout à coup être l'exact opposé
D'un réveil qui sonnerait 2h seulement après mon coucher

Je le sers et l'odeur s'échappant de la fumée
M'emporte alors bien loin de ma réalité
J'humecte et savoure ce moment de grâce
Son ivresse me rend sourd ; Je lui cède ma place

Moi qui suis d'ordinaire si friand de l'automne
Cette année, il me tarde que l'hiver sonne
La pluie, le froid et les feuilles ne me dérangent pas
Ton absence en revanche, elle, ne passe pas


Un soir de plus sous la houle du temps qui ne passe pas
Je relis alors Baudelaire relié aux couleurs sépias
Les bougies illuminent ce qu'il reste de mes pensées
Quand les Fleurs du Mal me dévorent pour se remplir la panse

Et je me perds dans le dédale des allées de mes aléas
Conscient qu'il me faut aller au bout de ce qu'elle me renvoie
J'hésite entre Harmonie du Soir et Fontaines de Sangs
Choisir l'harmonie de l'harmonica ou des violons lents

Je bois mon thé déconcerté au concerto de mes idées
Sentir sa saveur me soulage, enivré
je jette un œil par la fenêtre, la nuit est sombre
Tombée à 17h sur l'été porte une ombre

Je ferme mon livre et entreprend d'écouter Miles Davis
Sa trompette et ses différentes versions d'Autumn Leaves
Les accords et les riffs s'enchaînent, m'emmènent dans leurs mystères
Je m'y plonge abondamment tentant de trouver mes repères




Un soir enfin qui prend fin, écume ma vague à l'âme
Quand le one drop du reggae m'emmène voguer là haut
Je savoure alors sans faim la basse des fonds de câles
L'ancre peut être ainsi jetée en paix au bout de mon stylo

Le crépuscule est déjà loin dans ce mois de décembre
Sur la nuit la lune règne à la chute de flocons de cendres
Alors je remet mes morts et me remémore
Quelques mots d'une si belle plume que je vous ressort

« Celui dont les pensées comme des alouettes
Vers les cieux le matin prennent un libre essor
--Qui plane sur la vie, et comprend sans efforts
Le langage des fleurs et des choses muettes »

Enfin comment pouvais-je finir sans dire que l'hiver vient ?
Avec lui des dragons et des mecs au teint pâle, pleins !
Le chanvre, la réglisse et la menthe parfume ainsi mes toits
Dans ma chambre se glisse une chaleur, en revanche mon thé est froid
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